Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 17:11

 

Courrier 6

 

De Punta Arenas à Ushuaïa

 

Olà todos !

 

Nous revoilou pour les dernières nouvelles.

A Punta Arenas nous prenons le ferry pour traverser le détroit de Magellan ; ce nom fait rêver, les grandes expéditions … 2h30 de traversée ; on retrouve le couple de Japonais.

 

 

 

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Arrivés à Porvenir, 2 possibilités s'offrent à nous pour aller à San Sebastian, soit suivre la route côtière, soit passer par la montagne. On passe par la montagne, Katashi et Yoshiko viennent avec nous..c'est sûr que c'était magnifique mais il nous a fallu grimper pendant 20 km jusqu'à 530m. Superbe vue sur le détroit mais le vent est très violent ; il nous pousse, nous bouscule, je tombe sans me faire mal. Arrivés en haut, nous roulons pendant 8km sur un plateau ; les Japonais ont beaucoup de mal avec leurs grandes roues et leurs pneus étroits. On les dépasse, grande descente qui nous fait rejoindre la piste côtière. Difficile de trouver un endroit abrité du vent pour bivouaquer. Une petite butte, on franchit la clôture pour aller voir, on plantera la tente ici pour la nuit. On se fait la popote sous la tente, moi sous mon duvet. Ce soir c'est riz et c'est tout parce qu'on a très peu d'eau, on n'avait pas fait le plein...

Le jour suivant, le vent est toujours aussi violent, il nous pousse, c'est super ; on pédale peu, un régal. Paysage de steppe, beaucoup de guanacos qui nous regardent et gambadent à notre passage. Très peu de voitures. On passe devant un abri qui est le bienvenu pour pique-niquer.

 

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 C'est à croire que l'endroit est connu ; les murs sont tapissés de mots de voyageurs à vélo du monde entier qui vont à Ushuaïa ou en sont partis. Que d'aventuriers ! On continue et on passe la frontière Chilienne puis la frontière Argentine et là, les douaniers nous proposent de dormir dans la pièce de repos destinée aux routiers : génial ! Il y a une cuisinière pour se faire la popote et des douches chaudes. Les Japonais arrivent 2 heures après nous ainsi qu'un jeune couple de Polonais qui viennent de passer 6 mois comme bénévoles dans un foyer pour enfants maltraités en Équateur. Soirée très sympa.

 

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Sitôt passée la frontière argentine, la route est goudronnée et le restera jusqu'à Ushuaïa ; ça la fout mal pour les Chiliens...

On a mangé notre pain blanc avec le vent dans le dos, maintenant il souffle latéralement, c'est moins facile.

 

 

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 On longe l'océan atlantique toute la journée. Entre la route et la mer, des puits de pétrole et de gaz, des estancias immenses et la steppe sans aucun arbre.

 

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On avance relativement vite ; à 13h on est déjà à Rio Grande et on a fait 75km. On se fait un petit plaisir: aller au resto le midi. Un chauffeur de taxi nous indique le comedor de la police municipale, style cantine d'entreprise. Super menu pour 20 pesos chacun ( 3,40€ ), incroyable ! Les maisons de Rio Grande sont en bois, très colorées; avec une recherche architecturale intéressante.

Pour sortir de la ville, le vent de face est tellement violent qu'on fera 3 km à pieds en poussant les vélos jusqu'à ce que la route tourne.

 

 

 

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Ensuite, c'est le bonheur, on a du mal à arrêter de rouler ; on se pose quand-même dans une estancia vers 18h30.On aura fait 126 km aujourd'hui. Je demande si on peut dormir quelque part parce que le vent est trop violent pour monter la tente, et on nous propose une maison désaffectée mais très jolie, avec un poêle et du bois autant qu'on veut.

 

 

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On se fait un feu d'enfer. Cette estancia a été fondée en 1902 à la demande des Indiens Selk'nam, en partie pour les protéger. Ils ont 25000 ovins et 400 vaches. Ils font aussi auberge mais je ne le savais pas, sinon je n'aurais pas osé demander à être hébergé. Le vent souffle toute la nuit très très fort ; le ciel est splendide. Même dans la journée, le ciel est magnifique, une lumière incroyable à travers les nuages lenticulaires. Je m'arrête souvent pour le regarder.

 

 

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L'étape suivante est Tolhuin, plus difficile, vent en alternance de face ou de coté, il faut appuyer sur les pédales pour avancer. Tolhuin est un très joli bourg au bord d'un grand lac, le lago Fagnano.

 

 

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 Nous allons à la panaderia La Union où on est accueillis les bras ouverts. C'est un endroit comme la casa de los ciclistas de Villa Manihuales. Les propriétaires logent et nourrissent les voyageurs à vélo gratuitement. Évidemment le message circule parmi les vélocipédistes. Ce sont des gens d'une générosité incroyable, mais il faut dire que les Patagons sont très hospitaliers. Toute l'équipe de la boulangerie a à cœur de nous être agréable. Je me régale à aider une dame qui fait des empanadas. Elle me donne toutes les recettes que je veux, j'en profite. Je l'aide à désosser du poulet pour faire ses empanadas et pendant ce temps on discute, c'est vraiment sympa.

 

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 On étend notre lessive dans le fournil où il fait bien chaud, ça paye... ; ça ne dérange personne. Ces gens sont particulièrement hospitaliers et généreux. Le matin on a droit à un petit- dèj pantagruélique avec brioches, churros chauds, un régal. Ils refusent même qu'on paye le pain qu'on veut acheter pour emporter, c'est inimaginable.

 

 

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Ce matin le vent est violent et ils insistent pour qu'on reste une journée de plus mais nous prenons la route, il y a de toute façon toujours du vent ici. Nous longeons plusieurs lacs et passons par le col Garibaldi, il a neigé la nuit dernière et nous préférons franchir le col aujourd'hui. La montée est magnifique mais une fois au col, le vent est d'une violence telle, qu'on est obligés de pousser les vélos. On redescend de l'autre coté pendant 15 km pour perdre de l'altitude parce qu'il fait vraiment froid. On passe devant un campement de l'équipement avec des engins de déneigement et des baraquements ; stop, on s'arrête là .Je frappe à une porte pour demander l'hospitalité et comme d'hab on se retrouve dans une maison bien chauffée où on peut se faire la popote. Deux jeunes mecs sont de garde ; les équipes se relaient tous les 3 jours.

Nous sommes à 38 km d'Ushuaïa, une petite étape que nous faisons sans aucun vent, nous délectant des derniers kilomètres à parcourir. Très vallonné, ça grimpouille jusqu'à 7 ou 8 km avant Ushuaïa, puis longue descente, petit coup de cul juste avant la fin, histoire de nous tenir en haleine jusqu'au bout. Plus on avance et mieux on aperçoit les glaciers autour d'Ushuaïa. Ça y est, le canal de Beagle est en vue et la ville, toute colorée. On y est... Le voyage est presque fini. Nous avons pédalé 3400 km.  

 

 

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Le bout du monde, que rêver de mieux pour finir un voyage....

 

 

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Quelques jours passés à Ushuaïa ; une rando vers les glaciers autour, excursion sur le canal de Beagle pour aller voir l'ile aux cormorans impériaux, les pingouins, les lions de mer et visite de l'estancia Haberton. Le cap Horn ce sera une autre fois, il nous faudrait plus de temps.

 

 

 

 

 

 

 

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Nous sommes sur le retour mais nous allons encore bien profiter des derniers jours passés à Buenos Aires, visite, tango, petits resto et un.... pisco sour pour fêter notre voyage.

Derniers moments privilégiés des nomades heureux que nous étions le temps du voyage. L'autonomie et la liberté qu'offre le vélo sont immenses.

Merci à vous tous qui avez voyagé avec nous en suivant de près ou de loin notre petite aventure, nous faisant parvenir mails ou messages, nous soutenant, nous encourageant.... C'était à chaque fois un grand plaisir de vous lire.

 

Muchos besos .

 

 

Par vadrouillavelo
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Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 00:55

 

Courrier N° 5

 

De Villa O'Higgins à Punta Arenas

 

Holà !

Ça se précise, on est arrivé à Punta Arenas aujourd'hui ! Plus que 460 km pour Ushuaïa, c'est presque comme si on y était...

Mais revenons à Villa O'Higgins, où nous vous avions laissé aux dernières news.

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 Avec les jours qui passent, bloqués comme nous l'étions, les voyageurs à vélo arrivent : on retrouve Jason, un Américain qui est parti d'Alaska il y a 2 ans et demi, on avait passé la soirée avec lui à Manihuales ; Sonja, une Suisse qui voyage avec un vélo acheté au Pérou et qu'elle a équipé de poubelles en plastique en guise de sacoches, elle paye !

 

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On retrouve aussi Julie et Jean-Baptiste avec lesquels on avait fait un bout de chemin, et d'autres qu'on ne connait pas. On a attendu pendant 8 jours que le bateau parte. Celui qui fait traverser habituellement est un catamaran de la compagnie Hielo Sur, mais faute de carburant, c'est un privé qui a un petit bateau dans un piteux état, mais aux normes, qui nous fait traverser.

 

 

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 Nous voilà partis, 19 vélos dans ce petit bateau plus toutes les sacoches, sacs poubelle et autres guitares, et les 19 cyclos ; il fallait voir ça... On faisait vraiment boat-people.

 

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 La traversée qui dure 3 heures habituellement va durer 5h30 ; heureusement il fait beau, c'est agréable, le lac est superbe, tellement grand qu'on se croirait sur la mer ; au bout d'une heure, tout d'un coup, le moteur s'arrête, on est au milieu du lac, petite inquiétude à bord, le bateau dérive allègrement pendant une dizaine de minutes ; ouf, il repart, ce n'était qu'une courroie qui s'était détendue. On a eu droit 3 fois au coup de la courroie pendant le voyage. Toute la traversée se passe bien jusqu'à un endroit, une heure avant d'arriver, où le lac s'ouvre vers des glaciers ; le vent se met à souffler très fort , des vagues nous aspergent, ça tangue, c'est affreux ; beaucoup sont malades ; on fait le gros dos et on attend d'accoster.

 

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A l'arrivée, il y a une estancia et un km plus loin, les carabineros, mais c'est tout ; plus personne ne passe par ici et donc pas de chevaux à louer pour porter les sacoches ; on s'y attendait un peu. On passe la nuit dans une cabane en bois avec trois autres cyclos ; il y a juste la place pour nous 5 ; lever à 6h parce qu'on se doute que la journée va être longue. Dès le départ, ça grimpe dur. Après 2 virages, il faut déjà mettre pied à terre et pousser. C'est tellement raide que je dois m'arrêter tous les 2 pas ; le chemin est très caillouteux, les pneus n'accrochent pas. Le calvaire va durer 5 km : c'est la première fois du voyage où je me suis demandée ce que je faisais là... Mais heureusement c'est tellement beau ! Après 5 km, on peut enfin monter sur le vélo et pédaler; ça monte mais c'est roulable, il faut mettre pied à terre quand-même de temps en temps. Parfois il y a des petites descentes mais le chemin est plein de cailloux ou de gravier si bien qu'il faut souvent jouer aux équilibristes. Dans une descente dans la forêt, je roule sur un gros morceau de bois que je vois trop tard, je ne peux pas l'éviter et ma roue arrière chasse brutalement, je passe par dessus le vélo … première gamelle. J'atterris tête première, le nez par terre, mes lunettes se tordent, heureusement que j'avais le casque … je prend un bon coup sur la pommette et mon genou tape sur des pierres. Je ris toute seule, maintenant en décrivant la scène. Sur le moment je riais moins, j'avais mal au genou mais heureusement il ne s'est pas tordu, c'était juste la douleur du choc. Une petite dose d'arnica, un peu d'eau fraiche sur le visage et c'est reparti. S'il y a un endroit où il ne doit rien arriver, c'est bien ici...

 

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On continue à rouler jusqu'à la frontière argentine et là le chemin qui était mauvais mais large, devient une sente très étroite. Il y a encore 8 km à faire jusqu'au lago Desierto. Le Fitz Roy est face à nous, majestueux. Il nous est apparu pour la première fois au sortir de la forêt, c'était magnifique, ensuite il ne nous a plus quitté. On a une chance inouïe, une tempête de ciel bleu, pas un seul nuage de toute la journée. On casse la croute au col et au moment de repartir, le copain James arrive d'en bas à pied : il a fait tout le chemin jusqu'au Lago Desierto, a posé son vélo et est remonté en courant pour prendre le mien, et le descendre, c'est vraiment sympa. Je prend le sac à dos de Pierre, (on a mis les sacoches avant sur le porte bagages arrière parce que le chemin est une ornière par endroits et les sacoches touchent) et on descend. On pousse ou tire le vélo sur 8 km ; on patauge dans la boue, traverse des ruisseaux en poussant le vélo.

 

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 Parfois il faut le porter pour passer des troncs d'arbres. Je retrouve mon vélo, posé contre un arbre ; il me reste 3 km à faire. Arrivés à Lago Desierto, crottés, fatigués, mais pas du tout les derniers. Toute la bande de jeunes est derrière nous... Le paysage est féérique avec le Cerro Fitz Roy face à nous ,entouré de glaciers avec plein de cascades dont les eaux dévalent dans le lac … quelle récompense !!!

 

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Nous embarquons sur un beau bateau, rien à voir avec le rafiot du Lago O'Higgins. 40 minutes de traversée dans un paysage de rêve. Le lendemain, après 37 km de ripio, nous arrivons à El Chalten : restau, filet de bœuf à la plancha avec des frites et une bière, hummmmmmmm.... quel régal !!!

Nous connaissons El Chalten pour y avoir randonné l'an dernier ; nous n'y passons donc qu'une nuit et prenons un bus pour El Calafate ( nous avons vu le glacier Perito Moreno l'an dernier) puis Cancha Carrera. On descend en pleine pampa, on croise 2 jeunes français de Béziers qui ont démarré leur tour du monde de 2 ans à Ushuaïa ; très sympa. On passe à Cerro Castillo et on continue vers Torres del Paine. Des guanacos paissent tranquillement sur le bord du chemin.

 

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  Vers 19h, on plante la tente dans une estancia, en pleine steppe : 35000 brebis et 700 vaches, 15 personnes y travaillent.

Il a plu toute la nuit, le ciel est très couvert, on entre dans le parc de Torres del Paine. Il pleut, c'est dommage, on ne voit ni les glaciers, ni le paysage qui est grandiose en temps normal. On pensait laisser les vélos quelque part et partir en rando 3 jours, mais ça n'en vaut pas la peine si on ne voit rien. On traverse tout le parc à vélo pendant 2 jours ; ce n'est qu'une succession de lacs glaciaires tous plus beaux les uns que les autres, certains avec des flamands roses

 

 

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 Les troupeaux de guanacos sont en pleine sécurité ici et ne se sauvent pas à notre approche, les nandus qui sont beaucoup plus craintifs, non plus ; ils ressemblent à des autruches en un peu plus petits.

 

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 De temps en temps, les nuages laissent apparaître le massif somptueux. Quel dommage de louper ça … On dort en camping parce qu'il est interdit de faire du camping sauvage dans le parc. La douche chaude est la bienvenue, on est transis de froid.

Il y a eu un immense incendie dans le parc il y a 2 mois, ce serait une pyromane israélienne qui aurait mis le feu. Le parc est ouvert de nouveau au public depuis peu ; c'est assez catastrophique, on roule parfois pendant une heure dans une zone brulée.

 

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Le dernier jour, le ciel est un peu moins bouché, je suis tellement frustrée de quitter le parc sans avoir vu les glaciers, qu'on va jusqu'au glacier Grey ; certes, le chemin ne nous permet pas de le voir de près mais on l'aperçoit bien quand-même. Des icebergs se détachent régulièrement du glacier et viennent s'échouer au bord du lac.

 

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Route vers Puerto Natales ; il pleut de nouveau. Jolie petite ville très touristique ;

 

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il y a beaucoup d'agences qui organisent des excursions vers Torres del Paine. Vu le temps, on va dans une hospedaje, chez des gens. Un Chilien, guide de voyage habite là aussi. Il parle parfaitement français. Il a vécu à Paris avec sa femme et ses filles sous la dictature de Pinochet pendant 10 ans, puis il est rentré au Chili. Il avait été emprisonné au Chili avec beaucoup d'autres et le gouvernement leur a dit: « soit vous restez en prison, soit vous partez « .Il a choisi de partir en France. Les gens de l'hospedaje sont très sympas aussi ; le monsieur est pêcheur de crabes. On s'en est fait une ventrée !!! On en a même emporté pour le pique-nique du lendemain.

Cap sur Punta Arenas. On va regonfler les pneus dans une station service avant de partir parce que le ripio est fini pour un moment ; on va avoir le plaisir de rouler sur du bitume, ma chère...

La route est plutôt plate, paysage de steppe avec des estancias assez régulièrement .

 

 

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On passe devant un grand troupeau de lamas. On avance bien, très peu de vent. A 13 h, on s'arrête manger notre crabe, le demi-kilo restant, avec de la mayo, super pique-nique. Au moment de partir, arrive un couple de Japonais à vélo, dans nos ages pour une fois. Ils viennent de Lima et vont aussi à Ushuaïa : Respect... On convient de se retrouver à Morro Chico, pour bivouaquer ensemble mais à 19h30, on passe devant une estancia ; il nous reste 10 km à parcourir, on ne veut pas risquer de rouler de nuit et l'idée de dormir dans une estancia nous plait bien. On entre et on demande si on peut planter la tente quelque part ; le gaucho nous propose de dormir dans une pièce, super... et nous dit de nous installer et ensuite de venir manger, génial !!! On mange avec les deux gauchos qui tiennent l'estancia, et la cuisinière ; la duenia habite Santiago. Super repas : une casuela délicieuse avec plein de viande puis un plat de pâtes et de haricots. Quelle hospitalité ! Ils s'occupent de 2500 brebis et 250 vaches. Tous les matins, ils partent à cheval voir les troupeaux dans les parcs, et l'après-midi, ils travaillent à l'estancia.

 

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Le matin, un des gauchos est venu nous chercher pour boire le café mais on était déjà entrain de déjeuner. On les a vu partir à cheval à 8h ; leurs chevaux sont superbes, très musclés. On se confond en remerciements et on prend la route nous aussi. Pas de vent, mais il se met à souffler en milieu de matinée. Le temps se couvre de plus en plus, donc on avance.

 

 

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 Globalement on a le vent de coté mais par moments on l'a dans le dos. On fait des journées entre 100 et 115 km. Beaucoup de guanacos dans la steppe ; ils hennissent presque comme des chevaux qui auraient la voix enrouée.

 

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Ils courent très vite et sautent les clôtures comme des biches Bivouac de nouveau.

 

 

 

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 On approche de Punta Arenas et on longe le détroit de Magellan ; on dirait une mer.

Arrivée à Punta Arenas. C'est une grande ville avec ses 130000 habitants mais on se croirait dans un village patagon très étendu ; très peu de bâtiments en dehors du périmètre autour de la Plaza de Armas ; essentiellement des maisons en bois aux toits colorés mais aussi de belles demeures des barons de la laine.

 

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 Cette ville a connu son essor grâce à l'industrie de la laine, à la recherche pétrolière à la pêche et à sa position sur le détroit de Magellan. Les jours précédents, pendant qu'on était à Torres del Paine et à Puerto Natales et qu'il a tant plu, il y a eu de terribles innondations à Punta Arenas. La ville a été envahie de tonnes de boue ; c'est au milieu de ce capharnaüm qu'on arrive ; pas terrible... Il est très difficile de se balader dans les rues.

 

 

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 On passe 2 nuits ici et on prend le bateau demain matin pour traverser le détroit de Magellan. Dernière ligne droite, heueueu…...., si on peut dire . Si le vent nous est favorable on sera à Ushuaïa dans une petite semaine.

Muchos besos a todos..

Par vadrouillavelo
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Samedi 3 mars 2012 6 03 /03 /Mars /2012 19:17

 

  Le 3 mars 2012 

De Coyhaique à Villa O'Higgins

Fin de la Carretera Austral

 

 

Hola todos !

 

Au départ de Coyhaique, on avait l'intention de prendre un bus pour aller jusqu'au croisement au bout du lac General Carrera, mais la grève n'est pas finie et il n'y a toujours pas de carburant. Tant pis on part à vélo, on passe un premier barrage sur la route, les manifestants nous laissent passer mais les camions et voitures restent bloqués ; je ne peux pas m'empêcher de crier en levant le poing en passant :«  hasta la victoria siempre !!! « ; ça fait rire tout le monde ; à 20 km, un autre barrage, on continue mais au bout d'un moment, un flot de voitures arrive, c'est le moment de faire du stop. On n'attend pas longtemps, une camionnette s'arrête, les vélos sont mis sur le toit, nous dedans et nous voilà partis pour Puerto Bertrand.

 

 

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 C'est génial, on gagne 4 jours de vélo et on a déjà fait ce tronçon l'an dernier. Sur la route plusieurs barrages ; les manifestants nous font attendre 2 heures à chaque fois ; mais c'est pour la bonne cause et l'ambiance est à chaque fois très sympa ; ils chantent et jouent de la musique et de temps en temps hurlent des slogans.

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On fait la fête avec eux.

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  Puerto Bertrand est un joli village au bord du lac, on le longe, il se poursuit par le rio Baker, bleu émeraude ; c'est le point de départ pour les expéditions vers le champ de glace nord ou les descentes en rafting sur le Rio Baker, le plus grand fleuve chilien.

 

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 On continue sur la Carretera Austral vers le sud, paysage très vallonné, peu d'arbres, une végétation très rase, avec ce rio omniprésent qui creuse son lit parfois profondément.

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 Le chemin est mauvais, de la tôle ondulée, on ne sait pas où rouler, heureusement il n'y a pas de voitures. Cochrane, dernier bourg digne de ce nom sur la route australe ; la vallée s'élargit, la ville est étendue, ça fait bizarre, ils ont fait d'immenses avenues à double voies alors que la ville est déserte, il y a très peu de voitures indépendamment du fait qu'il n'y a pas de carburant. Le soir une manif défile dans la ville. Le mouvement n'est pas terminé. Les restau vont se faire rares pendant un moment, alors on décide d'aller poser nos fesses quelque part mais dans cette ville déserte, il n'y a que quelques fast-food chiliens qui font des sandwichs plein de mayonnaise et de saucisses bien grasses ; on prend un pichanga...normalement un plat énorme avec de la salade, tomates, morceaux de saucisses et de viande recouvert d'une montagne de frites, mais celui là est on ne peut plus décevant ; tant pis pour nous...La journée suivante est difficile avec beaucoup de dénivelée et un chemin tellement mauvais que les sacoches en arrivent à se décrocher, mais le soir on monte la tente au bord d'une rivière, endroit idyllique pour bivouaquer.

 

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Le lendemain le chemin devient nettement meilleur, quel bonheur ! On fait 71 km ; on longe 2 lacs, toujours ces sommets enneigés vers lesquels on a l'impression de se rapprocher.

 

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Traversée de plusieurs forêts de résineux,

 

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hêtres avec des buissons de fuchsia en fleurs, des fougères et de ces immenses feuilles à la tige pleine de piquants qui nous font une haie d'honneur, les nalcas.

 

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 On se sent de plus en plus en Patagonie ; de rares fermes devant lesquelles paissent des moutons, des chevaux ; des barrières en bois entourent toujours les propriétés.

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On croise un couple de paysans ; ils vont chercher des troncs d'arbres avec leur charrette attelée à 2 bœufs énormes. Ils s'arrêtent, on discute un moment. J'aurais dû leur dire que leurs bœufs auraient eu un prix en France, tellement ils sont beaux.

 

 

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On fait un détour pour passer par Caleta Tortel avant d'aller à Villa O'Higgins. Le village est situé au fond d'un fjord alimenté par deux glaciers. Les maisons sont reliées les unes aux autres par un réseau de passerelles en cyprès.

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 C'est un village de pêcheurs accroché au pied d'un escarpement abrupt ; le détour en vaut vraiment la peine, un bout du monde.... La route s'arrête ici. C'est un endroit tellement exceptionnel qu'on y passe 2 nuits. Le temps est maussade, il pleuviote ; on sillonne le village par les passerelles ; ici les gens sont pour la plupart pêcheurs ; on en profite pour manger une soupe de poisson et un ceviche de saumon, un régal ; on se soigne quand-même …

Au sud de Caleta Tortel, la route est bordée de torrents et de forêts vierges ; on croise un huemule, cervidé de Patagonie en voie de disparition. A Puerto Yungaï, un bateau de la marine nationale nous emmène gratuitement à l'extrémité du fjord sur le rio Bravo et nous devons pédaler sur un mauvais chemin pendant 100km pour arriver au nord d'un bras étroit du Lago O'Higgins. Nous parcourons ces 100km en rencontrant en tout et pour tout un homme et 2 cavaliers : juste 2 ou 3 maisons sur ce chemin, ce sentiment d'isolement total est intéressant, on ne peut compter que sur soi-même.

 

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Le paysage est très vallonné, il y a de l'eau partout, végétation luxuriante et tourbières ;

 

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on a du mal à trouver un endroit plat et sec pour monter la tente. On se met juste le long du chemin, mais de toute façon, personne ne passe.

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Le silence absolu, c'est super. Encore un bivouac et on arrive en fin de matinée dans la petite ville mythique de Villa O'Higgins, après avoir contourné le Lago Cisnes, terminus de la route australe.

 

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 Beau dans son isolement, le village est entouré de lacs, glaciers,

  montagnes.

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 Les maisons sont toutes en bois entourées de barrières aussi en bois, les rues sont larges et désertes. On apprend que le conflit n'est pas fini du tout, il n'y a plus de carburant ;

 

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on passe 4 jours dans une famille très militante qui nous informe du problème de la Patagonie qui dure depuis des années : la région est très isolée, loin de tout et par conséquent tout est beaucoup plus cher que dans le reste du pays : l'électricité, le carburant, la nourriture … et les salaires sont les mêmes que dans le nord, ils n'ont aucune subvention ; ils demandent des salaires régionalisés ; les hôpitaux n'ont pas de spécialistes, pas de maternité... et de plus le gouvernement veut construire des centrales électriques en Patagonie , ce qui implique des lignes à haute tension qui traverseront le pays pour alimenter les mines du nord et Santiago. La Patagonie sera défigurée et n'en tirera aucun bénéfice. Ils n'ont pas vu de touristes ici depuis plus de 15 jours ; c'est sûr, il n'y a pas de carburant et il n'y a que des cinglés comme nous pour venir dans ce cul de sac.

 

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 On est là maintenant depuis 5 jours à attendre qu'un bateau nous fasse traverser le Lago O'Higgins pour rentrer en Argentine. De l'autre coté du lac, en temps normal, des chevaux portent les sacoches pour aller jusqu'au Lago Desierto, et on doit pousser nos vélos parce que le chemin est très étroit, mais vu les conditions actuelles, on devra se débrouiller tout seuls avec vélos et sacoches... La suite de l'aventure dans quelques jours....

bisous à tous . P1030853

 

 

 

 

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un monsieur rencontré qui me suggérait d'échanger Pierre contre lui...

 

 

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Par vadrouillavelo
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Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 17:14

 

De Bariloche à Coyhaique

 

 

Nous avons bien avancé depuis les dernières nouvelles mais reprenons là où nous en étions … P1030396

                 Bâtiment colonial à Mendoza

Bus de Mendoza à Bariloche ; on s'est finalement pointé au terminal de Los buses avec nos billets en mains. Quand le chauffeur a vu nos vélos, il a levé les bras au ciel mais à notre air tellement naturel, il a accepté de les embarquer mais sans aucune précaution : il les couche l'un sur l'autre et empile par dessus les valises des gens qui font la queue pour monter dans le bus ; décidément, ces vélos sont maudits... Il n'y a pas d'autre solution, le bus est plein et il faut que toutes les valises entrent. Je suis contrariée, mon pauvre vélo tout neuf...Après 18 heures de voyage, on arrive à Bariloche ; on récupère nos vélos, impeccables. La température a nettement chuté, il doit faire entre 15 et 20°. P1030411

 

Manifestation du personnel hospitalier à Bariloche

 

Auberge de jeunesse très sympa. Bariloche a une architecture de montagne à la mode patagonne avec alliance de pierre et de bois, c'est une très belle ville au bord du lac Nahuel Huapi, entourée de hauts pics qui dépassent allègrement les 2000 m d'altitude. C'est à la fois une station de ski l'hiver et un départ de randos dans les Andes. Énormément d'agences proposent du rafting, du kayak, des randos à cheval. Le lac est recouvert de cendres du volcan qui a fait irruption il y a 3 ans, ça fait un drôle d'effet.

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 le nuage de cendre qui plane sur Bariloche

 

Bariloche est la capitale du chocolat ; une boutique sur 2 est une chocolaterie ; on en fait évidemment une cure parce qu'on est en manque, mais il faut dire qu'on est exigeants et qu'on le trouve moyen. Ça nous fait bizarre de nous retrouver dans une ville avec tout ce monde après l'isolement dans lequel on était depuis un bon moment, si bien qu'on n'a pas envie de s'attarder trop longtemps et le lendemain on continue notre route pour franchir la frontière vers le Chili en traversant le lac Nahuel Huapi et le lago Todos los Santos. Le vent a changé de sens et ramène la cendre du volcan qui crache toujours. La ville est recouverte de cendre et on ne voit pas à 100 mètres. L’une des plus belles régions touristiques de l’Argentine est dévastée par la nature, el Cordon Del Caulle crache depuis 3 ans. Dur de pédaler dans ces conditions, mais vivre au quotidien ici semble être une réalité qui nous dépasse. Tous les jours, des personnes sont chargées de déplacer à la pelle la cendre. Il nous faudrait un masque mais on n'en a pas, tant pis ; heureusement on ne va pas loin, on n'a que 28 km à faire pour rejoindre Puerto Panuelo.P1030428-copie-1 Le matin on embarque ; superbe traversée sur ce lac entouré de montagnes couvertes de forêt avec de temps en temps des glaciers. On prend plusieurs bateaux.

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Nous prenons du plaisir à glisser sur l’eau sans effort. Le ripio de 27 km entre les deux lacs n'est pas facile ajouté au stress à l'idée que le bateau parte sans nous, parce qu'évidemment tous les passagers sont en bus...Le passage de la frontière se fait dans la jungle

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bien sûr tous sont passés depuis longtemps et les douaniers ne sont plus là, la cabane est vide... Que faire ? On est tenté de continuer notre route mais il nous faut un tampon sur notre passeport. On se met à la recherche des mecs qui sont sensés garder la frontière, on appelle dans la forêt, personne ; au bout d'une bonne heure, on voit quelqu'un arriver, complètement ahuri de nous trouver là, personne ne lui avait dit qu'il y avait des cyclistes à la traine ; il nous remercie d'avoir attendu, et se confond en excuses et du coup ne nous fouille pas ; les douaniers chiliens sont très pointilleux et vont à la chasse à la moindre denrée fraiche : fruits, légumes, yaourts; zut alors, si on avait su... On a laissé des fruits sur le bateau . Ils fouillent systématiquement tout le monde. Arrivée à Pétrohue ; on est abordé par une famille chilienne qui voyage à vélo, ils remontent vers le nord ; des gens très chaleureux, ils nous donnent l'adresse d'amis à eux qui habitent sur la carretera austral chez qui on peut passer et les appellent pour leur en parler. C'est vraiment sympa. On pousse jusqu'à Ensenada, puis on longe le lago Llanquihue, étape déjà faite l'an dernier. A Puerto Varas, hospedaje Hellwig, maison coloniale allemande, la plus vieille de la ville, recouverte d'écailles de poisson en bois comme sur l'ile de Chiloé ; on passe la soirée avec 4 jeunes artistes dessinateurs et une femme avec sa fille ; soirée de partage très chouette.

A partir de Puerto Montt, on est sur la mythique Carretera austral, qu'on va suivre jusqu'à Villa O'Higgins et qui est en grande partie que ripio pendant … 1240 km. P1030719

 

                    étonnant de voir encore son nom honnoré...

 On longe la côte pacifique, les maisons sont en bois colorées et recouvertes de tuiles en alerce comme à Chiloé, on s'y croirait. Le paysage est superbe, c'est marée basse, les bateaux des pêcheurs sont couchés sur le flanc et attendent que la marée remonte.

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 Parfois on s'éloigne de la mer et on a de sacrés raidillons dans la montagne. On croise deux vieilles dames qui marchent sur le bord de la route en s'aidant d'un bâton ; on leur demande si on peut planter la tente quelque part par là et bien sûr, elles nous proposent de venir chez elles.

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 Ce sont 2 sœurs, elles habitent avec leur frère dans une cahute en bois et ont des vaches, des cochons et des poules.

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On plante la tente dans le pré des vaches et 10 minutes après, elles arrivent avec du pain tout chaud qu'elles viennent de faire, du fromage de leurs vaches et des œufs. Le frère nous fait gouter de la chicha, un genre de cidre un peu fermenté. C'est vraiment un autre monde. Toutes ces rencontres nous font à chaque fois chaud au cœur. A Cantao, 2 possibilités s'offrent à nous, on peut rejoindre Hornopiren soit en passant par la montagne (45 km), soit en longeant la côte (94 km) mais avec moins de côtes, moins de circulation ; on opte pour cette solution malgré la longueur du trajet. La cote est magnifique. Nous traversons des villages de pêcheurs avec des maisons en bois P1030743.JPG

 

et de jolies petites églises colorées, en bois d'alerce.

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 On se croirait vraiment sur l'ile de Chiloé. Les gens ramassent des algues et les font sécher avant de les vendre pour en faire des plastiques, des shampoings. Le matin, ils ramassent des coquillages, beaucoup de couteaux; des praires.

P1030797On s'approche du hameau où habitent les amis des gens rencontrés à Pétrohue, ils sont devant leur maison : vous êtes Andrea ? Immédiatement on nous fait entrer et on se retrouve attablés devant un gouter. On est invités à passer la nuit ; elles nous font chauffer de l'eau pour nous laver ; Andrea et Nena sont traiteurs et sont entrain de préparer un banquet pour le lendemain à Hornopiren. Après une bonne douche, je me régale à les aider ;

 

P1030539 on passera la nuit chez elles et le lendemain, elles nous emporteront nos sacoches à Hornopiren, ce qui fait qu'on fera les 90 km légers et qu'on se retrouvera le soir, invités au lunch, présentés au maire d'Hornopiren. La municipalité offre des maisons à des familles pour la modique somme de 280000 pesos c'est à dire, 440 euros ; ils ne doivent pas la revendre avant un délai de 5 ans. On se quittera avec beaucoup d'émotion : « nos vemos.... ». P1030580

 

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Bateau pour Caleta Gonzalo ; on a 5 heures de traversée dans des fjords surplombés par des montagnes coiffées de glaciers, c'est magnifique. On débarque et on doit pédaler pendant 10 km pour rejoindre une autre anse. Chemin caillouteux, très vallonné ;

 

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autre bateau, tout un banc de dauphins suit le bateau. Arrivés à Caleta Gonzalo, le chemin est très mauvais, ça monte et ça descend sans arrêt avec des cailloux qui roulent sous les roues , on doit souvent pousser les vélos, c'est dur.

 

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Nous traversons une rainforest surprenante et luxuriante dans le parc national Pumalin, recouverte de cendres par endroit suite à l’éruption du volcan Chaiten. D’ailleurs il fume encore ce volcan…. L’océan pacifique borde les fiords du parc. Les volcans ont façonné ce parc : montagnes verticales, forêts jusqu’au sommet, lacs aux pieds des volcans, lago Negro, lago Blanco. Toujours aussi magnifique. !

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Le soleil chauffe à nouveau nos mollets avec un petit vent dans le dos. A vélo, pour garder le sourire, il n’y a guère mieux, c’est trop bon ! On pédale dans une forêt d'alerce. Alors qu’en France les arbres sont centenaires, les alerces  sont millénaires. Certains ont survécu plus de 3 000 ans à l’homme et à la nature. Quel mérite !

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IL fait chaud et humide dans ce parc. Nous sommes envahis de taons énormes, par milliers, ils tournent autour de nos têtes. Juste horrible comme sensation ! Impossible de s'arrêter de pédaler, il n'y a que le vent qui les empêchent de se poser sur nous. Moucherons, taons, moustiques rivalisent de stratégie pour atteindre nos parties visibles.

On prend une petite sente qui mène sur une plage, histoire de faire une pose pique-nique et là … 2, 3 maisons, une pancarte « empanadas de mariscos », ça semble irréel ; je frappe à la porte, zut, la dame n'en a plus, je repars déçue, elle me rappelle : ola ! Quieres jaivas ? Et elle me tend un plat avec 2 énormes crabes qu'elle vient de faire cuire. A table !!!

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On s'installe sur la plage, la mer devant nous, un banc de dauphins vient s'amuser au bord de l'eau ; elle est pas belle la vie ?

Les kilomètres qui nous rapprochent de Chaiten ne sont pas drôles, le chemin est très mauvais et la forêt est triste ; de grandes bandes d'arbres morts à cause de l'éruption volcanique du volcan Chaiten en 2008. La ville a été déclarée ville morte par l'état du Chili et une partie ressemble à une ville fantôme, figée par une couverture de cendres.

P1030654 La population n'a pas voulu partir et les gens reconstruisent petit à petit le village, c'est stupéfiant. Le village reprend vie. On rencontre une dame qui était prof de français. Elle a été licenciée parce que le collège avait fermé, maintenant il a réouvert mais elle doit attendre 5 ans pour retrouver un emploi après un licenciement, bizarre, alors que c'est le gouvernement lui-même qui l'a licenciée...

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On quitte Chaiten par une belle route goudronnée sur 35 km, le pied, d'autant qu'il pleut et qu'il pleuvra toute la journée. On passe près des thermes El Amarillo ; on s'arrêterait bien mais l'étape est trop courte...On file, la tête dans les épaules ; les cuisses et mollets non pas finis de chauffer... On passe la nuit dans une cabane dans les bois, on fait tout sécher, on repart requinqués.

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P1030683Beau soleil le lendemain ; on est au bord du lac Yelcho, dominé par le glacier du même nom. Région montagneuse, beaucoup de forêts et de fougères géantes, certains sommets sont enneigés.

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De grosses côtes et parfois des petites descentes ; on passe Villa Santa Lucia, bourg très moche , on croise un jeune chilien, Italo, qui pousse son vélo avec une remorque. Il a explosé sa chambre à air et marche depuis 100 km parce qu'il n'en a pas trouvé à acheter. Bien sûr on lui donne notre chambre à air de rechange, il refuse, nous disant qu'on va en avoir besoin, mais bien sûr on la lui donne presque de force et il nous donne un sac de pommes glanées en route.

Bivouac à Villa Vanguardia, joli petit village patagon avec ses maisons en bois.

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On campe sur l'herbe dans le village, une dame nous vend des œufs ; le coin est très beau ; toilette de chat à la rivière, il fait très froid. On s'installe dans la cabine téléphonique pour manger en compagnie des gens qui attendent un coup de fil ; elle est grande, il y a même un banc pour s'assoir. On tape la causette, c'est très marrant. Le matin, il fera 2 °, la tente est toute mouillée, on attend que le soleil arrive jusqu'à nous pour partir.

P1030744Paysage de montagnes patagon, sommets enneigés à 2000m, quelques jolies maisons de bois entourées de prés verts avec des vaches dodues, des moutons, des chevaux, bien sûr.

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 Le chemin est inégal avec des gros trous parfois si bien que dans les descentes, si on va un peu vite, on ne les voit qu'au dernier moment et on passe sur une série de 3 ou 4 trous à la file, ça secoue sacrément, nous et les vélos.

3 vélos posés sur le bord du chemin : 2 Suisses et 1 Chilien qui se font la popote ; ils viennent de pêcher un poisson et se le font cuire avec de la crème accompagné de pâtes ; ils se font la popote tous les midi. On mange avec eux et on passe une heure très chouette. On est au bord du lago Rozi, très sombre. On continue jusqu'à Puyuhuapi, on rencontre un cyclo à vélo couché qui vient du Pérou et va aussi jusqu'à Ushuaïa, Grégor, il est polonais et enseigne à la fac de Lima, on le reverra plusieurs fois. Puyuhuapi est une jolie petite ville au fond d'un fjord, crée par des Allemands ; toutes les maisons sont en bois avec les façades recouvertes de tuiles en bois. On est interpelés par 2 cyclo voyageurs, ce sont Julie et Jean-Baptiste qu'on avait croisés à Puerto Varas il y a 15 jours. On fera route ensemble pendant quelques jours.

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 Les étapes se succèdent, on avance bien malgré le ripio et les longues bavantes : hier 62km, aujourd'hui 73 km. On longe le fjord de Puyuhuapi toute la journée, c'est très beau.

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De la jungle tropicale aux cascades et  fjords, on admire les beaux paysages  qui s’offrent à nous.

Villa Manihuales, une fumée noire à l'entrée du village ; les habitants font bruler des pneus et bloquent la route pour manifester contre les salaires trop bas, le prix exorbitant de l'eau, la santé qui va mal, les pêcheurs qui gagnent trop peu ; les gens nous disent qu'ils sont mécontents parce que la Patagonie semble être complètement délaissée et n'intéresse pas le gouvernement. Une file de voitures est bloquée des 2 cotés mais les manifestants nous laissent passer.

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La casa de cyclistas nous attend, où Jorge et sa famille nous accueillent chaleureusement : lit, douche, coin repas On retrouve Julie et Jib, et plus tard dans la soirée, débarquent 2 américains, un suisse et un allemand. Il y a de la place pour tout le monde. Jorge est pasteur et accueille tous les cyclo-voyageurs qui passent par là ; tout le monde se fait passer le mot ce qui fait que sa maison ne désemplit pas. Soirée géniale, bien arrosée.

 

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                      la casa de los ciclistas à Villa Manihuales

 

Le peloton international reprend la route le lendemain chacun à des moments différents. Arrivée à Coyhaique sous la pluie, 90 km plus loin. Et là on se pose pour 2 jours.

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      l'araucaria, arbre symbole de la Patagonie

 On voudrait mettre nos bottes de 7 lieues pour faire un saut en bus jusqu'à un peu avant Puerto Bertrand mais il n'y a plus de carburant , les routes sont bloquées et les manifestants empêchent les camions d'approvisionner les stations services ; plus aucune voiture ne roule. On a fait ce tronçon l'an dernier et de le shunter nous ferait gagner 5 jours.

Merci pour vos messages qui nous font toujours autant plaisir. 

 Un gros bisou à tous.

Par vadrouillavelo
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 20:31

 

 

  

article n°2

mardi 31 janvier

 

Coucou, nous revoilà .

Nous profitons d'une pose à Mendoza pour donner des nouvelles.

Merci à tous ceux qui nous ont envoyé de gentils messages sur le blog ou sur notre boite mail mais ne soyez pas vexés si nous ne vous répondons pas individuellement ; il n'y a pas le haut débit dans le genre d'hôtels où nous allons et il faut un temps fou pour ouvrir chaque page. Nous sommes très heureux à chaque nouveau signe d'amitié.

Au départ de Belen, journée facile, super route, soit plat montant soit plat descendant, du coup on avance vite. On fait le plein d'eau dans le dernier village avant San Blas, on filtre parce que les gens du village nous disent qu'ils font bouillir l'eau ; généralement quand les gens boivent l'eau du robinet, on fait comme eux. La place du village est plantée d'orangers avec des oranges mûres sur les arbres ; je m'en fais une ventrée, étonnée par ailleurs que les gens ne les mangent pas ; les dizaines de pots de confiture que je ferais....

On pensait faire du camping sauvage mais on avance tellement bien qu'on pousse jusqu'à San Blas ; il est presque 20 h quand on y arrive . Camping sur le bord de la route ; une famille avec 4 enfants est installée là pour y passer une semaine de vacances, c'est pas l'endroit rêvé, mais bon ….ils ont l'air très heureux. Ils nous donnent de l'eau fraiche et viennent discuter avec nous, on passe un moment bien sympa ensemble.

Route sur Pituil, 25 kilomètres de route parfaitement droite, un virage et à nouveau plus de 20 kilomètres parfaitement droit. C’est ce que nous avons eu certains jours.

Heureusement les montagnes autour agrémentent un peu le paysage. La végétation aride, l'est de plus en plus. Il est toujours difficile de trouver de l’ombre à midi, sauf quand nous sommes dans un village. Il fait une chaleur incroyable, 40° nous dira une dame, pas une ombre, pas un arbre. On pousse jusqu'à Pituil pour pique-niquer, pour avoir un peu d'ombre mais on arrive épuisés. Il est 14h30, on décide de rester là. On trouve une hospedaje très rustique : il y a des tonnes de chats, des poules, des canards, des chiens, des cochons. On est obligés de fermer la porte parce que les animaux veulent entrer. Sieste, lessive, courses.! Nous rencontrons sur la place du village un couple américano-canadien ; ils sont affamés et ne mangent que des biscuits depuis le début de leur voyage, ne sachant pas quoi acheter dans les épiceries ; on les emmène dans l'épicerie du village et on leur montre ce qu'on achète pour les piques-niques : sardines en boites, tomates, yaourts, fruits, fromage et pain ; pour eux c'est une découverte, ils sont très heureux et nous remercierons encore 3 jours après, quand on les retrouvera.

On essaie un nouveau rythme à cause de la chaleur: lever 6h.

On part à 7h30 , roue crevée..., réparation . On roule avec Sarah et Alex, et le couple d'hier soir et au bout de 20 km, on voit arriver face à nous une troupe à vélo … bien sûr on va les uns vers les autres ; génial, ce sont des Français : une famille avec 4 enfants, en tandem couché qui font le tour du monde et un jeune couple qu'ils ont rencontré en Mongolie et qu'ils ont retrouvé à Santiago. On discute un bon moment sur le bord de la route, échangeant nos impressions et nous donnant respectivement des conseils d'itinéraires, vu qu'on va en sens inverse. Chacun reprend sa route, la ruta 40, égale à elle-même, droite, on a le vent de face.

Arrivés tôt à Chilecito, petit hôtel, accueil chaleureux : les propriétaires du lieu nous font partager avec simplicité la parilla qu'ils ont dans leur assiette : quel délice et quelle gentillesse ! Benito nous propose de nous en faire une ce soir. On va faire les courses, je fais une ratatouille, Benito fait la parilla et on mange tous ensemble dans le jardin.

On quitte Chilecito, longue grimpette, la route se rapproche de la Cordillère. A Miranda il n'y a bien sûr pas de camping ni d'hospedaje. Je demande à une maison s'ils savent où on peut planter la tente. Ils nous proposent de choisir l'endroit qui nous va le mieux chez eux. C'est la première fois qu'on ose et qu'on monte la tente sur de l'herbe. C'est facile finallement, je le ferai plus souvent. La dame nous apporte un bidon de 10 l d'eau et elle nous offre 6 oeufs de ses poules, adorable. L'orage menace, elle nous dit qu'il faut qu'on vienne dans la maison s'il pleut et que si on a besoin de quoi que ce soit, on n'hésite pas. On fait la vaisselle dans le torrent et on prend de l'eau dans une bassine pour se laver, super.

On part tôt ce matin. On ne trouve pas la boulangerie dont la dame nous a parlé. On s'arrête devant la dernière maison du village pour savoir où on peut trouver du pain; un dame sort et nous dit qu'il faut aller au kiok quelques km plus bas; à la tête que je fais, elle nous propose de nous donner du pain qu'elle a fait et refuse qu'on la paie:vraiment gentille.

La route grimpe dans la montagne, on est sur la Cuesta de Miranda.

Le soleil est toujours là, implacable et chaque kilomètre est difficile. La piste monte heureusement très doucement. Un argentin à vélo nous rattrape, Cacho, il descend aussi vers le sud mais il ne sait pas jusqu'où il ira, retraité, il n'a pas de limite de temps. On pédale un bout de chemin ensemble. On attaque 30 km de chemin caillouteux en côte, dur dur. Le paysage est splendide, on est dans une sorte de Quebrada où les montagnes sont rouges sang. On arrive au col, à2040m,ouf! Une descente de 10 km, même sur le ripio, c'est le bonheur. Une maison qui propose des empanadas et du pan casero en pleine montagne; on s'arrête, évidemment. En repartant, crevaison, encore une...

Nous prenons le chemin des écoliers pour aller voir 2 parcs nationaux. On arrive à Talampaya juste avant 17h pour pouvoir aller voir les canyons. Des falaises rouges, magnifiquement érodées par le vent et l'eau, des cheminées de fées verticales en grès rouge, une véritable cathédrale avec des orgues. Des condors déploient leurs ailes au dessus de nos têtes.

Nous nous promenons dans ces canyons, au mileu de falaises hautes de plus de 150 mètres, la faune y est aussi bien présente : un groupe de guanacos passe devant nous. Talampaya en quechua veut dire : la rivière sèche du tala.

Ce soir nous campons sur le site, endroit magique pour passer la nuit, Coucher de soleil rouge, lever non moins spectaculaire. Silence total.

Route vers le parc d'Ischigualasto. Il est 8h10 mais le vent commence déjà à se lever. Montée régulière mais douce avec tout le temps le vent dans le nez, c'est un peu monotone. On n'a plus de pain, on mange des biscuits et une banane, tiens, on fait comme certains....A Los Baldecitos, on s'attend à trouver un vrai village avec une épicerie mais nous ne trouvons que quelques maisons en adobe alignées au bord de la route. On se croirait dans un western dans le désert. Un panneau « comedor ». On pousse la porte, en effet, une pièce avec 2 ou 3 tables. Nous nous attablons donc : côtelette et salade au menu, inespéré...

Arrivés dans la « Vallee de la Luna ». Paysage irréel de formations rocheuses. Le temps et les eaux de ruissellement ont mis au jour quantité de fossiles vieux de 180 millions d'années. C'est une vallée désertique entre 2 chaines de montagnes sédimentaires. Au fil des millénaires, les eaux du rio Ischigualasto ont creusé et taillé des formes très distinctes dans la pierre rouge friable, la glaise monochrome et les cendres volcaniques.

Même les cactus se parent de magnifiques fleurs, si étranges au milieu de cette terre aride.

Nous plantons la tente sur le terrain très poussiéreux, le vent est violent et il soufflera toute la nuit sans mollir ; on a dû dormir avec les boules quiès .

Ce matin le vent est toujours là mais faiblira dans la journée. Paysage digne de « ¨Paris-Texas », désert, petits arbres épineux « algorrobos »et les montagnes au loin de chaque coté de la vallée très large et très plate. Depuis le début du voyage, on en est à notre 5° crevaison, si bien qu'on a racheté une chambre à air, on n'en avait emporté qu'une de rechange pour le poids... Elle est de qualité très médiocre si bien qu'on la garde au cas où.

Camping à Valle Fertil avec piscine, petite certes mais quel plaisir ! Les 2 jours qui suivront, nous ferons 115 km par jour, notre record ! Le vent a tourné, on l'a de dos. Parfois on se met même debout sur les pédales pour faire plus de prise au vent et on avance à 20 km h ou plus sans pédaler, quelle revanche ! En traversant un village, je m'arrête pour attendre Pierre ( hé, hé !!!), 2 dames viennent me parler pour me poser les questions habituelles : d'où on vient … et l'une d'elles nous invite à venir nous reposer chez elle un moment. Elle nous offre de l'eau très fraiche et elle fait du maté qu'on boit ensemble. On fait connaissance puis on repart une heure après. J'adore ces moments de rencontres où on prend le temps.

La route devient monotone, de nouveau plat, de longues lignes droites et le désert à droite et à gauche à perte de vue, autant avancer puisque le vent nous pousse. On s'arrête à Marayes, un autre Paris-Texas. On demande si on peut planter la tente quelque part: « dans ma cour si vous voulez », nous voilà de nouveau chez des gens, accueillis avec gentillesse. L'hospitalité des argentins est incroyable.

Difficile d’ imaginer que vous êtes devant vos cheminées, emmitoufles pour sortir de chez vous, voire sous la neige.

Ici c’est le plein été, il fait très chaud. Nous traversons un désert impitoyable avec une végétation rabougrie recouverte d'épines ce qui nous vaut des heures passées sur le bord de la route à coller des rustines sur nos pauvres chambres à air transformées en passoires.

Nous avalons les kilomètres, autant que les litres d’eau même si celle ci est chaude. Ici la nature est hostile. Dans les villages, la végétation est quasi inexistante, les habitations en terre, ou recouvertes de poussière se confondent avec le sol. Nous nous demandons souvent pourquoi les gens se sont installés dans des endroits pareils. Nous sommes heureux d'être ici, malgré les conditions difficiles, prêts a savourer tous ces instants offerts, de rencontres, d’autant plus savoureuses, de paysages splendides Nous continuons, salués, photographiés par les argentins qui nous doublent.

 Nous sommes arrivés maintenant à Mendoza, superbe ville très verdoyante avec de belles places et de beaux bâtiments coloniaux.

Un petit repos de 3 jours s'impose pour buller avant de prendre le bus pour Bariloche . On croise les doigts que le chauffeur ne fera pas de problème pour embarquer les vélos.

De gros bisous à tout le monde .

 

  

 

 

 

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                                                                     rencontre étrange avec Gauchito Gil

 

 

 

Par vadrouillavelo
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Vadrouillavelo

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