De Belen à Mendoza

Publié le par vadrouillavelo

 

 

  

article n°2

mardi 31 janvier

 

Coucou, nous revoilà .

Nous profitons d'une pose à Mendoza pour donner des nouvelles.

Merci à tous ceux qui nous ont envoyé de gentils messages sur le blog ou sur notre boite mail mais ne soyez pas vexés si nous ne vous répondons pas individuellement ; il n'y a pas le haut débit dans le genre d'hôtels où nous allons et il faut un temps fou pour ouvrir chaque page. Nous sommes très heureux à chaque nouveau signe d'amitié.

Au départ de Belen, journée facile, super route, soit plat montant soit plat descendant, du coup on avance vite. On fait le plein d'eau dans le dernier village avant San Blas, on filtre parce que les gens du village nous disent qu'ils font bouillir l'eau ; généralement quand les gens boivent l'eau du robinet, on fait comme eux. La place du village est plantée d'orangers avec des oranges mûres sur les arbres ; je m'en fais une ventrée, étonnée par ailleurs que les gens ne les mangent pas ; les dizaines de pots de confiture que je ferais....

On pensait faire du camping sauvage mais on avance tellement bien qu'on pousse jusqu'à San Blas ; il est presque 20 h quand on y arrive . Camping sur le bord de la route ; une famille avec 4 enfants est installée là pour y passer une semaine de vacances, c'est pas l'endroit rêvé, mais bon ….ils ont l'air très heureux. Ils nous donnent de l'eau fraiche et viennent discuter avec nous, on passe un moment bien sympa ensemble.

Route sur Pituil, 25 kilomètres de route parfaitement droite, un virage et à nouveau plus de 20 kilomètres parfaitement droit. C’est ce que nous avons eu certains jours.

Heureusement les montagnes autour agrémentent un peu le paysage. La végétation aride, l'est de plus en plus. Il est toujours difficile de trouver de l’ombre à midi, sauf quand nous sommes dans un village. Il fait une chaleur incroyable, 40° nous dira une dame, pas une ombre, pas un arbre. On pousse jusqu'à Pituil pour pique-niquer, pour avoir un peu d'ombre mais on arrive épuisés. Il est 14h30, on décide de rester là. On trouve une hospedaje très rustique : il y a des tonnes de chats, des poules, des canards, des chiens, des cochons. On est obligés de fermer la porte parce que les animaux veulent entrer. Sieste, lessive, courses.! Nous rencontrons sur la place du village un couple américano-canadien ; ils sont affamés et ne mangent que des biscuits depuis le début de leur voyage, ne sachant pas quoi acheter dans les épiceries ; on les emmène dans l'épicerie du village et on leur montre ce qu'on achète pour les piques-niques : sardines en boites, tomates, yaourts, fruits, fromage et pain ; pour eux c'est une découverte, ils sont très heureux et nous remercierons encore 3 jours après, quand on les retrouvera.

On essaie un nouveau rythme à cause de la chaleur: lever 6h.

On part à 7h30 , roue crevée..., réparation . On roule avec Sarah et Alex, et le couple d'hier soir et au bout de 20 km, on voit arriver face à nous une troupe à vélo … bien sûr on va les uns vers les autres ; génial, ce sont des Français : une famille avec 4 enfants, en tandem couché qui font le tour du monde et un jeune couple qu'ils ont rencontré en Mongolie et qu'ils ont retrouvé à Santiago. On discute un bon moment sur le bord de la route, échangeant nos impressions et nous donnant respectivement des conseils d'itinéraires, vu qu'on va en sens inverse. Chacun reprend sa route, la ruta 40, égale à elle-même, droite, on a le vent de face.

Arrivés tôt à Chilecito, petit hôtel, accueil chaleureux : les propriétaires du lieu nous font partager avec simplicité la parilla qu'ils ont dans leur assiette : quel délice et quelle gentillesse ! Benito nous propose de nous en faire une ce soir. On va faire les courses, je fais une ratatouille, Benito fait la parilla et on mange tous ensemble dans le jardin.

On quitte Chilecito, longue grimpette, la route se rapproche de la Cordillère. A Miranda il n'y a bien sûr pas de camping ni d'hospedaje. Je demande à une maison s'ils savent où on peut planter la tente. Ils nous proposent de choisir l'endroit qui nous va le mieux chez eux. C'est la première fois qu'on ose et qu'on monte la tente sur de l'herbe. C'est facile finallement, je le ferai plus souvent. La dame nous apporte un bidon de 10 l d'eau et elle nous offre 6 oeufs de ses poules, adorable. L'orage menace, elle nous dit qu'il faut qu'on vienne dans la maison s'il pleut et que si on a besoin de quoi que ce soit, on n'hésite pas. On fait la vaisselle dans le torrent et on prend de l'eau dans une bassine pour se laver, super.

On part tôt ce matin. On ne trouve pas la boulangerie dont la dame nous a parlé. On s'arrête devant la dernière maison du village pour savoir où on peut trouver du pain; un dame sort et nous dit qu'il faut aller au kiok quelques km plus bas; à la tête que je fais, elle nous propose de nous donner du pain qu'elle a fait et refuse qu'on la paie:vraiment gentille.

La route grimpe dans la montagne, on est sur la Cuesta de Miranda.

Le soleil est toujours là, implacable et chaque kilomètre est difficile. La piste monte heureusement très doucement. Un argentin à vélo nous rattrape, Cacho, il descend aussi vers le sud mais il ne sait pas jusqu'où il ira, retraité, il n'a pas de limite de temps. On pédale un bout de chemin ensemble. On attaque 30 km de chemin caillouteux en côte, dur dur. Le paysage est splendide, on est dans une sorte de Quebrada où les montagnes sont rouges sang. On arrive au col, à2040m,ouf! Une descente de 10 km, même sur le ripio, c'est le bonheur. Une maison qui propose des empanadas et du pan casero en pleine montagne; on s'arrête, évidemment. En repartant, crevaison, encore une...

Nous prenons le chemin des écoliers pour aller voir 2 parcs nationaux. On arrive à Talampaya juste avant 17h pour pouvoir aller voir les canyons. Des falaises rouges, magnifiquement érodées par le vent et l'eau, des cheminées de fées verticales en grès rouge, une véritable cathédrale avec des orgues. Des condors déploient leurs ailes au dessus de nos têtes.

Nous nous promenons dans ces canyons, au mileu de falaises hautes de plus de 150 mètres, la faune y est aussi bien présente : un groupe de guanacos passe devant nous. Talampaya en quechua veut dire : la rivière sèche du tala.

Ce soir nous campons sur le site, endroit magique pour passer la nuit, Coucher de soleil rouge, lever non moins spectaculaire. Silence total.

Route vers le parc d'Ischigualasto. Il est 8h10 mais le vent commence déjà à se lever. Montée régulière mais douce avec tout le temps le vent dans le nez, c'est un peu monotone. On n'a plus de pain, on mange des biscuits et une banane, tiens, on fait comme certains....A Los Baldecitos, on s'attend à trouver un vrai village avec une épicerie mais nous ne trouvons que quelques maisons en adobe alignées au bord de la route. On se croirait dans un western dans le désert. Un panneau « comedor ». On pousse la porte, en effet, une pièce avec 2 ou 3 tables. Nous nous attablons donc : côtelette et salade au menu, inespéré...

Arrivés dans la « Vallee de la Luna ». Paysage irréel de formations rocheuses. Le temps et les eaux de ruissellement ont mis au jour quantité de fossiles vieux de 180 millions d'années. C'est une vallée désertique entre 2 chaines de montagnes sédimentaires. Au fil des millénaires, les eaux du rio Ischigualasto ont creusé et taillé des formes très distinctes dans la pierre rouge friable, la glaise monochrome et les cendres volcaniques.

Même les cactus se parent de magnifiques fleurs, si étranges au milieu de cette terre aride.

Nous plantons la tente sur le terrain très poussiéreux, le vent est violent et il soufflera toute la nuit sans mollir ; on a dû dormir avec les boules quiès .

Ce matin le vent est toujours là mais faiblira dans la journée. Paysage digne de « ¨Paris-Texas », désert, petits arbres épineux « algorrobos »et les montagnes au loin de chaque coté de la vallée très large et très plate. Depuis le début du voyage, on en est à notre 5° crevaison, si bien qu'on a racheté une chambre à air, on n'en avait emporté qu'une de rechange pour le poids... Elle est de qualité très médiocre si bien qu'on la garde au cas où.

Camping à Valle Fertil avec piscine, petite certes mais quel plaisir ! Les 2 jours qui suivront, nous ferons 115 km par jour, notre record ! Le vent a tourné, on l'a de dos. Parfois on se met même debout sur les pédales pour faire plus de prise au vent et on avance à 20 km h ou plus sans pédaler, quelle revanche ! En traversant un village, je m'arrête pour attendre Pierre ( hé, hé !!!), 2 dames viennent me parler pour me poser les questions habituelles : d'où on vient … et l'une d'elles nous invite à venir nous reposer chez elle un moment. Elle nous offre de l'eau très fraiche et elle fait du maté qu'on boit ensemble. On fait connaissance puis on repart une heure après. J'adore ces moments de rencontres où on prend le temps.

La route devient monotone, de nouveau plat, de longues lignes droites et le désert à droite et à gauche à perte de vue, autant avancer puisque le vent nous pousse. On s'arrête à Marayes, un autre Paris-Texas. On demande si on peut planter la tente quelque part: « dans ma cour si vous voulez », nous voilà de nouveau chez des gens, accueillis avec gentillesse. L'hospitalité des argentins est incroyable.

Difficile d’ imaginer que vous êtes devant vos cheminées, emmitoufles pour sortir de chez vous, voire sous la neige.

Ici c’est le plein été, il fait très chaud. Nous traversons un désert impitoyable avec une végétation rabougrie recouverte d'épines ce qui nous vaut des heures passées sur le bord de la route à coller des rustines sur nos pauvres chambres à air transformées en passoires.

Nous avalons les kilomètres, autant que les litres d’eau même si celle ci est chaude. Ici la nature est hostile. Dans les villages, la végétation est quasi inexistante, les habitations en terre, ou recouvertes de poussière se confondent avec le sol. Nous nous demandons souvent pourquoi les gens se sont installés dans des endroits pareils. Nous sommes heureux d'être ici, malgré les conditions difficiles, prêts a savourer tous ces instants offerts, de rencontres, d’autant plus savoureuses, de paysages splendides Nous continuons, salués, photographiés par les argentins qui nous doublent.

 Nous sommes arrivés maintenant à Mendoza, superbe ville très verdoyante avec de belles places et de beaux bâtiments coloniaux.

Un petit repos de 3 jours s'impose pour buller avant de prendre le bus pour Bariloche . On croise les doigts que le chauffeur ne fera pas de problème pour embarquer les vélos.

De gros bisous à tout le monde .

 

  

 

 

 

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                                                                     rencontre étrange avec Gauchito Gil

 

 

 

Commenter cet article

Nicole 25/02/2012 19:54

Coucou Suzon et Pierre xxxx

C'est toujours un plaisir de partager vos aventures, vos belles découvertes, l'accueil chaleureux des gens, les magnifiques paysages que vous traversés Je vous admire pour ce long voyage et je vous
souhaite bonne continuation .
bisous
Nicole

Docno75 23/02/2012 18:12

Bonjour les cyclistes !

Merci pour ces récits extraordinaires ! Il se dégage de votre récit que cette Carretera se fait avec ses tripes, je pense que tous les gens que vous rencontrez vous marqueront à jamais.

Allez un petit effort et vous aurez rejoint l'étape de l'an passé. A vous O'Higgins et le Grand sud ! Bises JN

maurin 22/02/2012 14:11

C'est toujours un grand plaisir de vous lire et de pouvoir profiter de vos photos,je suis admirative des efforts physiques que demande un tel voyage!!Bon courage et bonne continuation, au plaisir
de lire vos nouvelles aventures. Un gros bisou à vous deux.Cathy

berthelot fabien 21/02/2012 08:56

Salut ! et merci pour cette nouvelle livraison ! superbe ! ça donne envie !

je profite de ce commentaire pour souhaiter un très bel anniversaire à Pierre ; septuagénaire ? pas dans les jambes en tous cas ! bonne route à toi !

fabien

Aline et Jean François 13/02/2012 17:37

Bravo pour votre blog il est super, çà me démange d'y retourner , et les contacts avec la population c'est génial. Nous devrions échanger quelques degrés de température, çà arrangerait tout le
monde. Bonne suite et régalez vous. Nous pensons bien à vous.
à bientôt Amitiés
Jean François